Pimp my bike

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Quand Dan de Rosilles se pointe à l'atelier, on sait qu'on va sortir du cadre... au sens figuré, car Dan vient à chaque fois avec un nouveau cadre à "pimper".

Il s'est fait une spécialité ( et nous avec lui ) de recycler plutôt que de jeter, d'améliorer plutôt que de changer en redonnant vie aux dernières productions artisanales locales avant que tout ne parte en Asie.

Le travail se déroule à 4 mains...

J'écoute d'abord l'historique de la marque, du vélo et la future utilisation dont vont découdre finalement toutes les modifications ( ou réparations ).

Nous discutons avec Mika des solutions techniques à mettre en place... puis le cadre rentre là où ne sortent habituellement que des Caminade.

 

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La première problématique de Dan était de pouvoir mettre des pneus plus gros en 28mm sur un vélo conçu à l'époque pour du 21mm maxi.

Il faut donc décaler le support de frein, et écraser légèrement l'intérieur des bases et du tube de selle pour offrir un dégagement suffisant.

 

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Dan étant un adepte des longs voyages, il travaille toujours le système de portage.

1 porte bidon sous le tube diagonal en plus des 2 classiques, 2 inserts M5 sur le tube le tube horizontal pour fixer une sacoche et bien sûr les 6 inserts sur la fourche pour fixer le système de portage Anything Cage de Salsa.

 

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On en profite pour dégripper la durite métallique de guidage du passage interne de frein arrière.

C'est d'ailleurs en essayant de débloquer la gaine que nous avons compris que le système de guide uniquement entrée/sortie que nous utilisons sur nos cadre est, en plus d'être plus léger, beaucoup plus fonctionnel sur le long terme.

En y étant, nous allons retravailler le collier de selle avec un taraudage noyé à la place de l'écrou d'origine : soudé au TIG, on ne distingue même plus l'insert du raccord.

 

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Le cadre ayant été conçu à une époque où les leviers de vitesses étaient encore sur le tube diagonal, nous avons éliminé les supports et rajouté 2 butées STI réglables sur la douille de direction.

Quant au logo du cadre, l'idée est de clipser le bouchon de canette de bière de la localité visitée : les voyages donnent soif.

 

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La suite se complique... Dan me met au défi d'émailler un dégradé : je n'ai jamais fait, je ne sais pas (encore) faire, il a confiance, on est des punks, nos vieux savaient faire, on va le faire.

Pour ceux qui ne verraient pas la difficulté, chez Caminade nous travaillons en peinture poudre cuite au four : c'est beaucoup plus résistant que la peinture liquide mais moins fantaisiste en terme de finitions.

La poudre, quand on la projette, a une double envie : rejoindre magnétiquement le cadre et se laisser choir bien aidée par la gravité.

Dans notre cas, il a fallu trouver une orientation du cadre respectant la ligne de partage des eaux : ne vous fiez pas à la photo nous avons tourné le cadre et pas la cabine.

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Le résultat est là... et nous commençons à prendre goût à se genre de modification comme en témoigne ce Raleigh vintage transformé en fixie longue distance toujours pour Dan.

 

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Surtout quand il s'agit d'une marque Française historique aux dires de Jean-Jacques GELIN ( CLP ) :

 

 

C’est en 1920 après un apprentissage aux établissements Panneton à Meurthaut que le père de Guy Fonlupt, Alfred-Jacques Fonlupt a créé l’usine de cycles à La Clayette où en plus des vélos, des manèges enfantins sont également fabriqués.

C’est en 1940 que Guy Fonlupt et son frère Alfred, intègrent l’usine familiale dirigée par leur père et qui compte à l’époque une trentaine d’ouvriers.

Jusqu’en 1971, toute la production s’effectue à l’usine, du soudage de cadres, sablage et émaillage (appelé montage en blanc) au montage du vélo (appelé montage en noir) et tout est fait artisanalement.

En 1971, face aux coûts de main-d’œuvre, les cadres sont alors sous-traités à Saint-Étienne et reviennent à La Clayette juste pour le sablage, l’émaillage et le montage final.

La société Fonlupt produisait de façon artisanale 500 vélos d’excellente qualité par mois.

 

 

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A noté, que même si nous avons le même fournisseur de tubes... les techniques d'extrusions et de soudage s'étant améliorées, il y a quand même une grosse différence de poids entre ce cadre en Columbus Thron et notre all-road en Columbus Niobium.

 

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