Retour vers le futur

Retour vers le futur

Mes premiers souvenirs de VTT datent de 30 ans en arrière. Tous les étés, je défiais la longue piste forestière vers le refuge des Cortalets avec un vieux Peugeot de location. Une seule réussite en 3 ans, l’année de ma majorité, pour venir à bout des 25km et 1700mD+... mais j’avais chopé le virus !

Quelques années plus tard, cette même ascension fut le théâtre d’une des courses les plus réputée du 66 : la montée du Canigou. Qui toujours après quelques essais infructueux me permit de monter 4 fois sur la plus haute marche du podium.

C’est avec ces images en tête que j’attends Mika au Col de Ternère dès le lever du soleil.

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Après la piste du Col de Ternère, le reste de goudron menant à Estoher nous sert d’échauffement. La fraîcheur encore présente va nous permettre de monter tout en douceur : col del Forn, Mas Mallet, la Mouline… à la montée, un VTT de 1997 ça fait pas le poids face à un all-road en inox de 8kg2.

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A l’approche de Prat Cabrera, la fatigue se fait sentir. Mais la petite pause avec vue sur les balcons du Canigou va nous permettre de reprendre un peu de forces avant le clou du spectacle : les 5 derniers kilomètres cahotiques qui pourraient vite dériver en KO technique dans les 800 derniers mètres. Une fois les vélos garés devant le refuge, il est temps de partir à pieds ( nus ) à l’assaut du mythe.

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Barbet, crête du Drièdre, cheminée… Mika est plus à l’aise pieds nus. Pourtant il est stressé en pensant à la descente qui nous attend : pas celle à pied, mais bien celle à vélo ! En parlant de descente, je ne peux refuser la Pinte tendue au refuge du Cortalet…

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Il est clair que des roues tubeless en 29” n’ont rien à voir avec les roues de 26” à chambre gonflées à 3 bars pour ne pas pincer dans la descente. Un fois les mains bien positionnées en bas du guidon on commence à sentir le flow tout en zigzaguant au milieu des voitures, des vaches et autres batraciens en combinaison néoprène.

Quelques sentiers de coupe bien sentis plus tard ( pendant lesquels j’ai appris à mes dépends que le gros sac de selle était incompatible avec le gravel freeride ), nous voilà arrivés au bas de la montagne sans aucune pause de refroidissement des freins ou d’étirement de l’unique doigt de chaque main qui actionne le freinage à disque puissant et onctueux.

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En croisant des vélos à assistance électrique, indispensables à la plupart pour emmener si haut des suspensions sans fond et des pneus à faire pâlir un routier américain, je me demande si le Vélo Tout Terrain n’est pas en fait le vrai nom du Gravel. Formuler autrement :  le nouveau marché de la moto électrique à pédales ( à la tête duquel les accessoiristes vont dicter leur loi aux marques de cadres fabriqués en Asie pour un bol de riz ) va laisser le champ libre aux puristes du vélo polyvalent.

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Texte, Trace & Photo - Brice EPAILLY

 

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